Pour les SCPI et pour leurs
souscripteurs, l’année 2007 a
été bonne, voire même très bonne,
même si toutes les sociétés et
tous les associés n’ont pas tout à
fait été logés à la même enseigne.
C’est ce que montre l’enquête que
"Investir" a effectuée auprès de
quelques-uns des principaux
groupes de SCPI.
Sur les 34 des 91 SCPI de rendement
dont "investir" a étudié les
performances, huit sociétés ont servi
en 2007 un rendement supérieur
à 7 % (compris entre 7,17 % et
7,65 %), douze un rendement entre
6 et 7%, et quatorze entre 5,44 % et
6 %. Rappelons que les 91 SCPI
avaient affiché en 2006, en moyenne,
un rendement de 6,35 %, contre
6,63 % en 2005 et 6,91 % en 2004.
Une érosion régulière, année après
année, du rendement qui traduit
non une baisse de revenus, mais
une augmentation régulière du prix
des parts. En 2006, cette valorisation
avait atteint pour l’ensemble
des SCPI de rendement, en moyenne,
6,68 %. De ce point de vue, 2007
devrait prolonger la tendance : pour
23 des 34 sociétés étudiées, la progression
du prix des parts a dépassé
7% pour atteindre, en haut du palmarès,
respectivement 21,99 % et
20,12 % pour
Actipierre 1 et
Actipierre 2
(Ciloger),
18,05 % et 15,98 % pour Cortal
Pierre 1 et 2 (BNP Paribas). Soit des
performances globales – revenus et
plus-values – qui varient entre 7 %
et presque 30 %.
Les SCPI ont profité du dynamisme
exceptionnel du marché de
l’immobilier d’entreprise et commercial
en 2007. En dépit du fléchissement
des transactions dans
les derniers mois, sous l’effet de la
crise financière, l’année s’est en effet
achevée sur un nouveau record,
avec 29,7 milliards d’euros
investis en immobilier d’entreprise
en France, soit une hausse de
+ 14 % par rapport au précédent
record de 2006. Les SCPI
ont suivi le mouvement.
Ainsi, au cours de
l’année 2007, BNP Paribas
Reim, par exemple,
numéro trois en France
de la gestion de SCPI, a
fortement accéléré ses
opérations d’investissement
et d’arbitrage, avec
un volume global de
transactions de 374 millions
d’euros, soit une
croissance de plus de
84 % par rapport à 2006.
Collecte record
Les épargnants ont, eux aussi, suivi
le mouvement. Au premier semestre
2007, les SCPI ont collecté
741 millions d’euros, soit 31 % de
plus qu’au premier semestre 2006.
Tout porte à croire qu’elles ont
continué sur cette lancée au deuxième
semestre, si l’on en croit les
680 millions d’euros collectés sur
l’année par les SCPI de l’UFG, numéro
un du secteur qui réalise à elle
seule la moitié de la collecte totale.
Quel sera l’impact de la crise financière
et du ralentissement
économique annoncé sur les
SCPI en 2008 ? Sur ce point, les
gestionnaires sont prudents, mais
restent confiants.
« La fin de l’année 2007, perturbée
par la crise des subprimes venue des
Etats-Unis, nous incite à rester modestes
sur nos ambitions au titre du
premier semestre 2008, commente
Jacqueline Faisant, président de
BNP Paribas Reim. Toutefois, nous
avons la conviction que, le trou d’air
passé, le marché de l’investissement,
tant à l’acquisition qu’à la vente, permettra
en 2008 de voir se concrétiser
des opérations intéressantes et sélectives
pour nos SCPI. »
Les SCPI, qui investissent en
fonds propres, pourraient tirer
profit de la situation dans la mesure
où elle contraint les fonds
d’investissement immobiliers opportunistes,
intervenant à crédit,
et qui alimentaient la pression à
la hausse des prix et l’érosion des
rendements, à déserter le marché.
« Pour 2008, nous prévoyons
pour nos SCPI, sauf cas particuliers,
des rendements en légère progression
par rapport à 2007, explique
Jean-Marc Coly, directeur
général de l’UFG rem. En ce qui
concerne les valorisations, en revanche,
il ne faut pas s’attendre à
des croissances aussi importantes
que celles que nous avons connues
ces dernières années. Globalement,
les SCPI ont désormais atteint
leurs valeurs de marché. »
Retard sur les OPCI
En ce qui concerne les OPCI, présentés,
au moment de leur naissance
juridique, en octobre 2005 comme
devant succéder aux SCPI,
onze produits en tout et pour tout
ont été agréés. Ils s’adressent tous
à des investisseurs professionnels.
Huit demandes d’agrément pour
les OPCI grand public ont été
transmises à l’AMF. Mais cette dernière
tarde à statuer sur leur sort.
Motif officiel invoqué de ce retard,
le plan comptable, qui ne serait pas
encore tout à fait au point. En fait,
il semble que ce soit surtout le
contexte actuel de crise financière
et de crise de confiance de la part
des investisseurs et des épargnants
qui pousse l’autorité de tutelle des
futurs fonds immobiliers non cotés
à la prudence et à renforcer ses exigences
quant aux mécanismes destinés
à assurer la liquidité des
parts, notamment en cas de difficultés
du marché immobilier. |